Laura Galle

Du haut de ses 18 ans, Laura Galle porte sur le secteur du Bâtiment un regard plein de maturité. En classe de 1ère S l’an dernier, elle termine actuellement sa première année de CAP charpente. Un parcours que cette fille d’électricien revendique haut et fort.

 

À quel moment de votre parcours scolaire avez-vous décidé de vous orienter vers les métiers du Bâtiment ?
Pendant longtemps, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. Je suivais les autres, c’est comme ça que je suis allée en filière générale, en attendant de trouver ma voie. Puis, quand j’ai réalisé ce que je voulais, je me suis renseignée sur Internet, avant d’en parler à mon entourage. J’avais peur de leur réaction. Pourtant, je viens d’une famille du Bâtiment ! D’ailleurs, je crois que la mort de mon père, il y a 5 ans, a été un déclencheur : je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce qui me plait. J’en ai donc parlé à ma famille ; ma mère et ma grand-mère étaient un peu impressionnées, mais elles m’ont soutenue dans les démarches auprès de mon lycée pour faire mes premiers stages.

Il paraît que ma présence apaise les tensions dans le groupe, alors qu’entre hommes, ils se disent parfois les choses de façon plus abrupte.

 

Pourquoi l’activité de charpentier ?
J’ai toujours été manuelle et j’ai toujours beaucoup bricolé avec mon père. Et puis, j’aime le bois, c’est un matériau qui se travaille bien. On fait tout avec du bois ! Ça me plait aussi beaucoup de travailler en extérieur, j’en avais marre d’être enfermée ! Il faut que je bouge, que je sorte, que je voie du monde. Aujourd’hui, je suis une semaine à l’école et deux semaines au boulot, ça me va bien.

Trouvez-vous cela difficile pour une jeune femme d’évoluer dans le secteur Bâtiment ?
J’avais un peu d’appréhension au début, je ne savais pas comment j’allais être acceptée, mais il n’y a eu aucun problème. J’ai une relation de frères et sœurs avec les collègues. J’ai toujours passé beaucoup de temps avec mon père, mes oncles, mes cousins et je crois que je me suis toujours mieux entendue avec les hommes qu’avec les femmes, alors je n’ai pas eu beaucoup de mal à me faire accepter sur les chantiers. C’est aussi une question de personnalité et de tempérament : je suis super têtue, ça m’a peut-être aidée. En tout cas, c’est passé nickel !

Que diriez-vous à une jeune femme qui envisage de travailler dans le Bâtiment ?
Je lui dirais de foncer ! Je pense que s’il y a si peu de femmes dans les métiers du Bâtiment, c’est par manque d’information. Les femmes ont peur que ce soit un univers brutal ou de ne pas avoir les capacités physiques. C’est vrai qu’on ne peut pas porter des poids aussi lourds que les hommes, mais la manutention ne se passe plus comme avant, on peut y arriver et ensuite faire ce que l’on aime le plus !

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