Pauline Cholet

De la mode au Bâtiment, l’itinéraire atypique d’une jeune Normande. Quand la mission locale lui a proposé d’aller aux journées portes ouvertes des métiers du Bâtiment, Pauline Cholet a rigolé, croyant à une blague. Quand, ensuite, séduite par la perspective de devenir peintre, elle a fait part à sa mère de son projet, cette dernière en a ri. « Elle m’a dit que j’avais le vertige, que ce ne serait pas pour moi », raconte cette apprentie que rien n’arrête, pas même la peur du vide.

« Je sais depuis longtemps que je suis manuelle, mais je n’ai pas tout de suite trouvé ma voie »résume-t-elle. En effet, après le brevet des collèges et une première orientation vers les métiers de la mode, la jeune Normande a connu quelques mois d’errements, avant d’opter pour une CAP de Peintre applicateur de revêtement. Fille de menuisier, nièce d’électricien, sœur de plombier, on ne lui avait pourtant jamais proposé les métiers du Bâtiment. « Petite, je n’aurais jamais imaginé travailler dans le Bâtiment, on ne nous oriente pas vers ça en tant que filles », regrette-t-elle. Alors que les femmes y ont leur place : « Quand je dis que je suis peintre en Bâtiment, ça étonne, sourit-elle. Mais j’en suis fière ! ».
Passer de la mode au Bâtiment, n’est-ce pas un revirement à 180° ? « Non, répond Pauline sans se démonter. Dans les deux cas, on a une activité manuelle, sur un chantier ou assise derrière une machine à coudre. » « Assise », c’est justement ce qui ne convenait pas à cette active, qui multiplie désormais les projets. Après son CAP, elle veut passer un BAC PRO Technicien d’étude. « Je pourrai devenir chef de chantier, métreur ou de préférence dessinateur-projeteur, confie-t-elle. Même si je dois faire une formation supplémentaire. »

Je dis aux femmes qui veulent se lancer dans le Bâtiment qu’elles ont toute leur place. C’est un secteur où je m’épanouis, j’engrange de l’expérience et en plus je gagne ma vie.

 

Tandis que sur les bancs de l’école et du collège, elle s’ennuyait, les formations en alternance la motivent beaucoup plus ! Parce qu’elle étudie ce qu’elle aime, sur un rythme qui lui convient mieux. « L’alternance me plait beaucoup, souligne-t-elle. En alternance, on se lève tôt pour aller travailler, on a un salaire qui nous permet d’être indépendants. On mûrit plus vite. »
A tout juste 18 ans, Pauline cache un caractère bien trempé. Si, à l’issue de ses années collège elle a pu sembler un peu perdue, elle sait très bien, aujourd’hui, ce qu’elle veut faire, comment et pourquoi. « Si je travaille dans un bureau d’étude, je serai à la fois sur le terrain pour des métrés et des suivis de chantier, et dans un bureau pour faire des plans et des devis ». Une formule type alternance sur-mesure. 

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